Deux ou trois choses à vous dire...

Je pourrais vous parler d'Antipodes, la manifestation phare de notre Far-West maritime, désormais avec quelques velléités tentaculaires (partenariat avec Paris et Lyon) et pour laquelle j'ai une tendresse particulière et peut-être la plus grande ouverture à l'Expérience nouvelle (20 ans de danse n'auront pas été tout à fait vains...).
Son seul intitulé traduit l'évolution naturelle de la création contemporaine : à l'origine festival de danse, devenu ensuite transdisciplinaire, il revendique aujourd'hui un caractère "indisciplinaire", d'où sa nouvelle appellation : Anticodes. On entend bien le sens "hors catégorie, échappant à toute définition", mais on y comprend aussi quelque chose comme "indiscipliné et impertinent". Ceci étant dit, on repense aux mots de Jacques Blanc qui le qualifiait par ailleurs de "très demandé et très couru, populaire et joyeux".
Singulier et/ou tendance ? Rebelle et/ou de masse ? Antipodes veut être tout à la fois et offrir tout en même temps, faire tomber les lignes et brouiller les pistes, traduire le chaos du monde mais dans un "bienheureux désordre", "dire des choses graves mais avec légèreté". Théâtre, concert, voltige, vidéo, voix, mime, performance, expo... même si de prime abord la danse n'est pas toujours centrale, dans tout show, tout est Corps, tout est Chair, ce quel que soit l'effet, chaud au coeur ou choc des photos.
Je me sens très à l'aise dans ce grand mix des genres, des gens et des sentiments ; tous les soirs où je suis allée voir 2 ou 3 spectacles, j'ai toujours aimé être surprise dans mes attentes voire bousculée dans mes repères ; et j'avoue cultiver moi-même contradictions et paradoxes.
"Qui trop embrasse mal étreint" disaient nos anciens ? "Une chatte n'y reconnaîtrait pas ses petits" avait prévenu Jacques Blanc...

Visuel Antipodes

Pour changer radicalement de sujet, j'attire votre attention sur une opération menée pour la 5ème fois dans le cadre du printemps des Poètes : les Poétickets.

D'une simplicité désarmante (écrire un poème sur un ticket -de ciné, de bus, de course...-), ce concours de mise en bouche de mots charmants sur petite coupure périmée a le don d'émerveiller mon âme d'enfant. Haïku brestois, art modeste à la Di Rosa, petit délire dada : les Poétickets sont tout cela à la fois.
Allez découvrir règle et historique du jeu sur le petit site de l'association Compter les Girafeshttp://poetickets.over-blog.org/

 

poéticket

 

Enfin, je tenais à mentionner un blog dont la "tenancière" est venue un jour me rendre visite. Bien sûr j'en profite pour la remercier du gentil papier mis en ligne qui parle si joliment de notre galerie/boutique, mais ce n'est pas pour rendre la politesse qu'à mon tour je vous invite à consulter ses petits écrits. C'est surtout que, parmi la logorrhée déployée sur la toile par des gens qui s'écoutent parler et/ou n'ont pas grand chose à dire, j'ai été sensible à ce blog d'une élégante sobriété, où les images appuient harmonieusement le texte, où l'on évoque le Finistère autrement que par la pluie ou la bière, où la confidence est douce et la curiosité sincère. Enfin, un peu de calme dans le brouhaha des blogs.

http://bulleblog.hautetfort.com/

 

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